La durabilité : une priorité depuis plus de 15 ans
Associer l’entrepreneuriat durable au secteur de la construction n’est pas une évidence. Pourtant, Renotec y parvient avec brio. Les initiatives durables de l’entreprise campinoise ont officiellement débuté en 2006. Elle a été l’une des premières sociétés flamandes à participer à une masterclass sur l’entrepreneuriat durable organisée par l’organisation patronale VKW. Mais les graines de cette vision durable de Renotec ont été semées bien avant cela. « C’est notre directeur général de l’époque, Jos Renders, qui a associé les activités durables à la stratégie de l’entreprise », explique Gerlinde Lauwers, CFO et directrice des Service Units. « Lorsque je suis arrivée en 1997, il m’a expliqué cette vision stratégique. Et elle est toujours d’actualité… Les premières priorités étaient : nos collaborateurs, notre ambition de croissance, la durabilité et la sécurité. Et c’est toujours resté l’un de mes moteurs. À l’époque, Renotec comptait seulement 60 travailleurs et réalisait un chiffre d’affaires annuel de 10 millions d’euros. Aujourd’hui, nous employons 830 collaborateurs et l’organisation a connu une croissance fulgurante (chiffre d’affaires 2020 : 126 millions d’euros, ndlr). »
L’accent sur la personne
En octobre 2020, Renotec a reçu le titre de SDG Pioneer. Il s’agit du certificat international des Nations unies décerné aux entreprises lauréates de la VCDO (Charte de l’entrepreneuriat durable du VOKA) à trois reprises au cours d’une période de 5 ans. « La raison de notre succès ? People, planet, profit. Aucun SDG n’a la priorité. Ils ont tous la même importance. Tout d’abord, nous sommes une entreprise atypique dans le secteur de la construction. La plupart de nos collègues travaillent avec des sous-traitants. Tandis que nous nous appuyons principalement sur notre propre personnel. Notre point de départ dans l’entrepreneuriat durable vient de notre conviction que notre personnel est très important. Notre entreprise emploie ainsi plus de 26 nationalités différentes. Avec également un bon équilibre dans la diversité des genres. Même si nous avons surtout des travailleurs masculins – c’est spécifique au secteur – nous le compensons largement avec les femmes qui occupent des postes d’employées ou des fonctions de direction. Renotec a également mis l’accent très tôt sur la politique RH. Le département RH est particulièrement développé, car l’accent est mis sur les personnes. Une grande attention est accordée à la formation et au développement. Ainsi qu’au coaching et aux plans de développement personnel.
Pour nos employés, nous recrutons principalement dans le vivier des titulaires d’un master en construction. Une centaine de jeunes sont diplômés chaque année, et nous parvenons toujours à en attirer une quinzaine chez Renotec. Cela en dit long sur notre caractère durable. Cela plaît aux jeunes et ils veulent contribuer à écrire notre histoire. En ce qui concerne les ouvriers, les jeunes en fin de scolarité peuvent effectuer une année de spécialisation chez nous et intégrer immédiatement le personnel. Nous avons également lancé un « chantier de formation » cette année. Cette initiative permet aux ouvriers débutants de passer quatre semaines sur un chantier de formation, où ils sont testés principalement sur leur attitude. Ont-ils envie d’apprendre ? Une bonne attitude ? Le goût du travail ? C’est ainsi que nous décelons les meilleurs éléments. Alors que nous avions un taux d’abandon d’environ 70 % dans les premiers mois, il est désormais de 25 %. Une différence significative. Nous nous concentrons plus qu’avant sur la personne et pas nécessairement sur le diplôme. Et donc : sur l’évolution durable du collaborateur. Cette année, nous avons déjà recruté plus de 100 ouvriers. »
Pas de chiffres concrets, mais une intuition et sa transcription dans notre ADN
Lorsque Renotec a créé son propre groupe de travail sur la RSE (responsabilité sociale des entreprises), les actionnaires ont eux aussi rapidement adhéré au projet. La RSE figure à l’ordre du jour de chaque réunion du conseil d’administration. La force de l’entrepreneuriat durable est donc largement reconnue. Toutefois, l’organisation ne traduit pas les projets de durabilité en chiffres concrets. Et elle a ses raisons. « La vision et la force de la RSE sont vraiment inscrites dans l’ADN de Renotec », explique Gerlinde Lauwers, qui dirige le groupe de travail composé de huit collaborateurs. « Nous passons beaucoup de temps sur la définition de l’approche et les projets concrets de l’équipe. La meilleure preuve que cela fonctionne ? Notre marge bénéficiaire augmente, l’entreprise continue à se développer et est de plus en plus saine.
De toute façon, il n’est pas facile de mesurer l’impact de l’entrepreneuriat durable. Même en ma qualité de CFO, j’ai souvent dû laisser de côté les chiffres. Car ils ne sont pas toujours pertinents. Bien sûr, nous dirigeons l’entreprise sur base d’un certain nombre de paramètres. Nous ne nous lançons pas à l’aveuglette. Bien au contraire. Mais certaines choses se font à l’instinct, et c’est également vrai pour la RSE. Si vous voulez convertir l’entrepreneuriat durable en KPI, je pense que vous avez raté le coche.
L’enquête de satisfaction des collaborateurs nous renseigne également, bien sûr. Tout comme le succès de notre événement destiné aux jeunes diplômés. Quand vous voyez l’enthousiasme avec lequel les gens veulent venir travailler… Pour moi, c’est la meilleure preuve de notre caractère durable. Et je ne peux pas convertir cela en chiffres. »
La RSE présente dans les tableaux de bord, mais pas au premier plan
Comment le département financier est-il impliqué dans le caractère durable de Renotec ? « Le département financier n’est pas central pour cet aspect », explique Gerlinde Lauwers. « La digitalisation du département s’intègre bien entendu dans l’approche RSE. Mais ce n’est pas une fin en soi. L’ensemble de nos activités de leasing s’inscrit dans le rôle du département et, avec un projet dédié de l’électrification de la flotte, il a un grand rôle à jouer pour le moment. » Plus que d’un projet en soi, le département financier est responsable des tableaux de bord et des données non financières qui en découlent. « Dans les tableaux de bord que notre contrôleur de gestion consulte mensuellement avec les différents services, nous abordons bien sûr certains aspects liés à la RSE et à l’activité durable. Comme l’absentéisme, les chiffres en matière déchets, le taux de fréquence des accidents du travail, les gros consommateurs de carburant, … Les tableaux de bord englobent bon nombre d’objectifs, mais nous ne les appelons pas comme ça. »
C’est donc précisément en raison de la forte structure du capital que le département financier se limite simplement à dresser des rapports sur la RSE. Si la structure de notre capital était moins solide, je doute personnellement que les banques prendraient une décision uniquement sur la base de notre approche RSE et du rapport de durabilité. Je ne pense pas que nous en soyons déjà là. Aujourd’hui, nous avons la chance d’avoir des finances saines. Et lorsque nous recevons un prix de durabilité, nous sommes félicités par les chargés de relation des banques. Mais selon moi, ce n’est pas demain la veille que l’octroi d’un crédit sera conditionné par les initiatives durables d’une entreprise. Ce n’est pas (encore) un facteur décisif, même si je n’ai pas d’expérience en la matière. Nous n’avons actuellement aucun problème pour contracter des crédits. Mais lors de l’examen de la demande, on nous interroge invariablement sur les chiffres actuels et la santé financière de nos clients. Pas sur la mise en œuvre de notre RSE.
Pas besoin de grand traité pour entreprendre durablement
« Renotec s’est engagée sur la voie du développement durable depuis longtemps. Et c’est avant tout très bon pour notre image. Cela nous permet assurément d’attirer plus rapidement les bonnes personnes et de les aider à évoluer de la bonne manière. Car au final, ce sont nos collaborateurs qui font tourner l’entreprise. Il n’est pas facile de trouver la bonne formule en la matière. Si vous devez rédiger un grand traité pour démontrer le retour sur investissement de l’entrepreneuriat durable, vous risquez de faire une croix sur de nombreuses initiatives. Je le répète, cette approche est ancrée dans l’ADN de Renotec. Cela ne date pas d’hier, nous travaillons déjà depuis 15 ans sur cette voie. Et le fait de ne pas nous concentrer uniquement sur les chiffres fait peut-être justement la différence. Notre festival culinaire où tous les collaborateurs peuvent présenter leurs spécialités, nos ruches, notre soutien aux initiatives locales, l’équilibre sain entre travail et vie privée, la gestion durable des ressources… Ce sont des choses qui contribuent à notre image sur le long terme, à travers la satisfaction des collaborateurs. »
Vous pouvez aussi retrouver l’article de CFO magazine ICI.